Au pied du mur

Devant le mur. Le surface est vierge, pleine d’une couleur et vide de forme. Les meilleurs instants de cette journée sont juste devant moi. Quelques secondes seulement, quelques minutes. Le tracé. Un orchestre à un seul instrument. Une ligne qui sépare, forme, inscrit. Des lettres puis un mot devrait apparaitre. Ces lettres je les connais par coeur. Je les ai dessinées 1000 fois. Et pourtant. Je veux qu’elles soient à chaque fois inédites. Alors je sors ces feuilles. Mon laboratoire. Ces anti-sèches de l’écolier qui me rassurent. Je les regarde. Je les discute avec autrui. Aujourd’hui rien ne me va. Elles ne me parlent pas. Sauf ce « i » que je n’ai jamais fait.

Alors j’y vais. Je me lance. Je trace. C’est bien ce « i » qui se dessine. Il faut continuer, les autres attendent. J’aime l’instant alors je veux qu’il soit bref et intense. Que les lignes s’enchainent sans qu’il y ait à réfléchir. Un espèce d’instinct qui fait que la ligne c’est moi. Que quoi qu’il arrive ça donnera ce que j’attends d’elle. Je pose la feuille. Je n’en ai plus besoin. Je trace un Z, puis un autre Z. Une pause.Un Y.

Je pensais dompter ces lignes. Elles sont beaucoup plus sauvages qu’elles n’y paraissent. Il faudra ajuster, effacer, modifier leurs trajectoires pour qu’elles soient comme je l’entends. Aujourd’hui, ce n’est pas mon jour. Je n’aurais pas rentré mon « blaze » en un jet. Tout n’est pas perdu. Mais demain tout ira mieux.

Toulouse. Octobre 2011. Photo par Supadope.

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