Rudie Can’t Fail

Dans une vidéo, il y a quelques temps déjà, tu parlais de ta préférence d’utilisation pour le cap d’origine. Même si je m’en souviens vaguement, ton discours m’avait beaucoup plu. Peux-tu nous faire un peu de poésie/philosophie sur ce magnifique outil qui a donné nom à mon blog?

On les appelle caps d’origine parce que c’est ce qu’on trouvait à la base sur les bombes, avant que le marché des caps ne se soit développé par les bombshops. Les fatcaps se chipaient sur les bombes de Décap’four, les softs sur les laques L’Orèal, on testait puis on les entretenait parce que c’était un outil précieux. J’ai appris à peindre avec ces caps d’origine, bruts, il faut acquérir des gestes précis et rapides pour dominer cette force industrielle de la peinture en bombe. A mon avis toute l’esthétique et la dynamique de l’aérosol-art en découlent. Je n’aime pas quand ça ressemble à du vectoriel, les caps d’origine ou le fatcap c’est la bombe dans ce qu’elle a de plus spécifique. Le fait d’avoir appris à peindre avec des gammes de couleurs si limitées comme les bombes Altona, rétrospectivement c’était une bonne école, il fallait se creuser la tête pour faire concorder un seul rouge avec deux bleus, un clair et un foncé, deux jaunes dont un translucide… On apprend en se confrontant à des contraintes, souvent.

Propos de RCF1 pour Cap d’Origine.

Tout est dit dans cet échange. Un contre-pied au graffiti actuel, édulcoré dans la technique et le rendu.

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