Archive for category: Writing theory

Planet Rock

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Week-end à Lausanne. Collab avec Kash. On était tout les deux motivés. Kash nous avait trouvé ce pur concept : Planet Rock. Une boom box à réacteur, une mixtape volante, quelques planètes et des fumées. Le tour était joué. Deux lettrages bien différents mais qui passent ultra-bien à mon goût. Kash a fait funké ses lettres. Le haut du K qui monte, le S super-dynamique et le H qui tombe presque au sol. En ce qui concerne ma pièce, je suis pour une fois assez content de mon fléchage. J’ai réussi à sortir un B inédit  qui change de mes B habituels. L’équilibrage des lettres n’est pas forcement idéal puisque le O écrase le mouvement du B,E,W. Heureusement il y a cette tape sorti tout droit de l’espace qui masque en partie la grosse masse de ma dernière lettre.

 

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Homeboys

On en a bien discuté avant. Ne pas faire une vidéo promo. Parler style dans une interview et ne pas parler d’autre chose. Sketcher c’est ça notre délire. Le montrer. Se mettre d’accord. Pas facile. Enfin, si. Sur le son on était tous d’accord. Apollo Brown. Garder au moins une vanne pourrie à Aple. Faire ça entre copains et faire ça par des copains. Caller une date dans nos agenda, c’est mettre de la dope dans le cul d’un cheval. On y arrive quand même. Le résultat c’est ça !

Plus d’info sur les t-shirts Lectrics ici.

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Finir 2011 comme a commencé 2001

Fact (Aple76) x Kash x Bewo (Wobe)

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Regarder la carrière d’un graffeur et observer son évolution. Se rendre compte que sur 20 ans il y en a deux de mythiques et que le reste finalement. Bof!  Ca casse pas des briques et c’est toujours la même.

Etudier son style, prendre du recule, se rendre compte qu’il évolue, stagne, pour rebondir avec quelque chose de différent.  Un déclic souvent. Un flow nouveau certainement. Plusieurs fois par an ou une fois dans une vie. Chacun son potentiel et ses envies. Ici, ça passe par un nouveau nom: Izzy en l’occurence. Je change et puis ça lasse. Ca donne plus rien. Plus rien de neuf ou si peu. Panne sèche comme dirait Polo. Le chargeur est vidé: il faut de nouvelles balles. Un autre nom ? D’autres lettres? Mieux encore. Revenir en arrière pour mieux repartir.  Un nouveau challenge: du neuf avec du vintage. Réaproprier ses lettres avec une logique différente. Un trait inédit. Une vision nouvelle. Retour à un amour parisien: Bewo.

Décembre 2011. Ca caille sa mère, putain. On a tous mis le bonnet. Aple76, Kash et moi. C’est notre week-end graffiti. Et une envie, pour moi. Un clin d’oeil à ma propre histoire. Vous permettez? Je veux finir 2011 comme a commencé 2001.

Bewo (Wobe) x Fact (Aple76) x Kash

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Cap d’Origine x Izzywobster

Interview croisé avec Top Gun, le nordiste du site web Cap d’Origine . Site que je vous invite d’ailleurs à consulter. Le contenu y est fort interessant et a le mérite de sortir des sentiers battus.

Cap d’origine c’est ici.

Izzy : Prendre toutes ces photos de spectres de tag et toutes ces vieilles pièces et les diffuser sur ton site, c’est pour quoi faire? Nostalgie d’une époque révolue? Ou bien veux-tu immortaliser des traces dont tu as peur qu’elles finissent par s’effacer sans être conservées? C’est quoi ton délire en fait?

Top Gun : J’en ai toujours pris, déjà mes planches contacts à l’époque de mes débuts de « photographe » étaient à moitié constituées de spectres. J’ai l’impression d’me sentir vivre. De rentrer dans un monde secret. D’être privilégié, certainement le même sentiment que les archéologues en fait! De pénétrer un univers révolu, de retourner dans le temps, l’espace d’un instant. Je ne te cache pas que dans la vie en général je suis hyper-nostalgique, mais genre maladif. « C’était mieux avant », leitmotiv en guise de deuil continuel et d’auto-destruction. Et puis après oui je sais très bien qu’les gens ne prennent pas ou peu les tags en photos. J’ai eu l’occasion d’accéder à quelques collections, et c’est à 90% constitué de graffs, pas de tags. Moi c’est l’inverse. Et puis j’suis vraiment fan des styles de l’époque, et des traits, couleurs et reflets des sprays anciennes aussi.

 Gun : Et toi qu’est-ce qui te fait avancer et « travailler » pour tes sites?

Izzy : Pour Lectrics, c’est depuis le départ une envie de partage. En fait, je mets que des choses que je kiffe ou que je trouve intéressantes sur ce blog. Je me force pas à mettre du MSK à toutes les sauces ou je ne sais quels graffeurs du moment, pour avoir plus de visites. C’est spontané, parfois fait à l’arrache avec une petite phrase en franglais pour annoncer l’article que je relaie. Les gens pensent que je suis sur le web à scruter tout les sites toute la journée. En fait, pas du tout je ne surfe pas comme un malade et je ne suis pas non-stop derrière mon PC. Ce qui me fait avancer comme tu dis, c’est aussi les interviews que je peux faire(trop peu nombreuses par manque de temps). Ces interviews c’est juste une excuse pour poser les questions que moi-même je me pose sur le style d’un writer, c’est purement personnel. J’en fait juste partager les internautes qui passent. Ma favorite c’est celle de POET. Même si on se connait, ce n’est pas toujours facile de poser certaines questions en face à face. Là, j’ai adoré cet échange. Le mec est intelligent, il a un recul et une analyse sur notre discipline assez impressionnante.

Enfin, j’ai quand même un retour positif des gens qui passent sur le site. Un peu de reconnaissance, on va dire que c’est le petit plus.

En ce qui concerne mon blog perso, c’est aussi l’envie de partager. J’y présente ma vision du style et tous les trucs qui me passent par la tête, c’est plus personnel parfois. Mais comme je le disais dans un post en parlant de mon blog: « je te montre, je n’essaye pas de te séduire ».

En d’autres termes, je fais pas ça pour chopper du buzz. Je mets des vieilles pièces, des textes qui me plaisent sur des sujets que j’ai en tête…APLE dit de mon blog, que c’est mon journal intime. Ca résume bien le truc, je pense.

Pas facile tout de même de mettre du contenu régulièrement, faut se motiver. Tu en sais quelque chose. Mais bon, il y a les copains qui me chambrent régulièrement à l’heure de l’apéro sur mon dernier post…Au final, c’est le seul retour que j’ai. Ça a au moins le mérite de nous occuper pendant qu’on boit des coups. Autrement, c’est vrai que je n’ai pas souvent de commentaires. Je ne sais pas vraiment comment sont interprétés mes récits, mes dessins ou mes graffitis. Et ça c’est vrai que c’est un peu dommage.

 Izzy : En vrai nostalgique et amateur de tag, peux-tu me dire comment tu perçois cette mouvance à faire du wild-style en tag (par opposition au tag années 90, lisible, basique qui va à l’essentiel). J’ai l’impression qu’il y a quelques mecs qui le font bien mais qu’il y a une tripoté de faussaires spécialistes de la pâle copie. C’était pas mieux quand c’était lisible?

Top Gun : Ah moi j’ai grandi avec du SLEEK, BEEN, ASPIK qui, pour moi faisait du wild-style au sens premier du terme. C’était vraiment sauvage, violent. Le terme est un peu galvaudé de nos jours(comme tous les termes graffiti d’ailleurs) Mais quand j’étais ado pour moi c’était vraiment une claque phénoménale dans la gueule, et pourtant c’était des lettres on ne peut plus simple, à part peut-être pour ASPIK qui avait vraiment un flow phénoménal et plus « lâché ». Mais SLEEK et BEEN par exemple, c’était la lettre la plus traditionnelle, mais à leur sauce. J’ai souvent parlé de ma théorie du « millimètre après millimètre »(ça m’fait penser à la rime d’MC SOLAAR dans « Le Bien le Mal » tiens…) mais pour moi c’est vraiment ça, et à la limite plus dans le Nord qu’ailleurs. On(nous les taggueurs d’euch’Nord) part d’un tag pourri, simpliste, et on le façonne, on le sculpte, on le cisaille, on le poli, un bon exemple c’est DAVE. Il savait pas taggueur avant, et quand il a commencé à utiliser des bombes de bricolage de manière exclusive il a été forcé d’adapter sa vitesse d’exécution, il a du repenser toute sa manière de faire. Plus l’expérience et l’empirisme. Aujourd’hui c’est vraiment le seul dans lequel je me reconnaisse un peu, dans lequel je retrouve ce que j’ai aimé à l’époque, avec CUYT aussi et 2 ou 3 autres grand maximum. J’suis pas un fan des effets de fat-cap à la ATLAS ou à la TWISTER, j’aime bien, mais c’est pas ma culture. Moi c’est plus RECK, SMAT et les fat-cap Auto-K bien pleins, bien réguliers. Quand je lisais SMAT raconter qu’une Auto-K de l’époque au fat-cap ça faisait tellement de bruit que ça réveillait les voisins du 3ème je rêvais! Pareil quand SLEEK me parlait de ces mêmes Auto-K avec un cap de bombe Bastin(amidon) par rapport à un tag bleu de la rue Inkermann. J’étais en kiff, j’me disais « punaise la Montana c’est fat mais c’est pas aussi excitant ». J’avais vraiment l’impression qu’il me parlait d’une arme, d’un M16, d’un truc automatique avec lequel tu tires en rafale et tu tues tout l’monde sur ton passage.

Après pour en revenir à la question du style actuel, tout ce qui est REVOK, ASKEW et cie ça ne m’intéresse pas le moins du monde. J’ressens rien, j’trouve pas ça assez hard-core, malgré la qualité indéniable. Par contre les PAL, HORFÉ, TOMEK, MOSA et SAEYO, là j’dois t’avouer qu’i'a quelque chose. Comme une fille pas très belle mais très charmante, curieuse, mystérieuse. Malgré que de nombreuses phases soient « ratées », i’a une spontanéité, une nouveauté qui me plaît beaucoup chez eux. Pour le reste…je ne suis plus au courant. Internet a tué mon appétit.

J’ai le même « problème » que toi, même si toi tu postes tes pièces, je n’ai aucune idée de comment sont perçues mes pièces, mon style, personne n’en parle, c’est pas plus mal, et c’est normal aussi, peu de gens le voit, et peu de gens s’intéressent vraiment au Style dans le nord. Même si j’prétends pas en avoir un, encore moins un intéressant! Mais j’m'amuse beaucoup, j’tente, je varie tout le temps, avec quelques constantes évidemment. Mais hier j’regardais mes photos et j’me disais qu’il n’y a aucun fil conducteur, c’est pas comme si j’creusais un filon pièce après pièce.

Top Gun : Tu imprimes tes photos?

Izzy: A l’époque de l’argentique, oui évidemment. Maintenant avec l’air du numérique je shoot et puis j’archive. Pour tout de dire en 2009 j’en ai eu marre de sauvegarder des heures de peintures dans des répertoires et je me suis imprimé un bouquin de 120 pages sur mes graffitis réalisés à Paris, Berlin et Lyon (quelques photos ici : http://www.izzywobster.fr/?p=548).Un graffiti c’est quand même mieux sur papier. Et puis, tu prends le temps pour tout passer en revue: les détails, les dédicaces, les tags au dessus de ta pièce etc. Et tout avoir dans un même livre, ça le fait. Il faudrait que je me lance dans le tome 2 avec les pièces de ces dernières années…Si j’ai un peu de temps, je me lance.

 Izzy : Tu me dis que personne ne s’intéresse au style dans le Nord. Si c’est vrai, c’est quand même grave ce que tu dis. Merde! « Style wars » quoi…La guerre du style! C’est l’essence du truc, non? Ils s’intéressent à quoi les writers dans le Nord si ce n’est pas au style ?

Top Gun : J’parle dans le sens où peu ont une « culture » graffiti et ont « étudié les styles. Comme toi tu as certainement dû faire avec l’Allemagne. Dans les générations précédentes Lille comptait des « styleurs », ISHAM, ESPACK, SPYRE, et pleins d’autres mais vraiment dans un style à part, pas catégorisable, à part ESPACK peut-être (ambiance SENTO et SF) mais encore c’est vraiment pour geeker.

Donc aujourd’hui à quoi ils s’intéressent j’me l’demande! En même temps moi, qui suis pourtant « cultivé » et qui ait tous les bouquins possible du monde entier, j’ai pas un style qui casse des briques. Il s’applique aux briques, mais il ne les casse pas. J’ai jamais aimé esquisser, réfléchir, travailler une phase, etc. et quand je vois les vidéos où vous esquissez en soirée, et même en terrain, j’apprécie cette culture, ce dévouement, cette recherche constante, mais ce n’est pas la mienne, et j’pense sans trop m’avancer que ce n’est pas celle du Nord, et c’est certainement un défaut.

 Top Gun : Il y a eu la mode de l’Ignorant Style, puis beaucoup de livres sur les prémices du Style (Classic Hits et cie), mais penses-tu qu’en 2012 on peut inventer encore quelque chose au niveau des lettres? Ou juste puiser dans différents univers (bd, design, etc.) pour feindre la nouveauté?

Izzy : Il est vrai qu’on retrouve chez pas mal d’entre nous, des univers empruntés à gauche, à droite et que cela en devient la base même de son propre style. Un exemple parlant: ROID. Le rendu est assez impressionnant. La manière dont il adapte un univers électro 80′s logotypé à ses pièces est complètement nouveau. Il a su en faire sa marque de fabrique et son identité. Pourtant quand tu regardes les lettres, elles sont d’une banalité sans nom. C’est de la typo un peu modifié. Son univers à pris le pas sur la recherche calligraphique. C’est un parti pris. Chacun son truc. Personnellement, quand je regarde un graffiti l’esthétique  globale de la pièce est important mais il n’est pas le seul critère. Je place l’originalité des lettres bien avant, même s’il faut admettre que bien souvent les deux sont liés. Un graff original, intérieur au rouleau, contour baveux avec une originalité et une manière d’approcher la lettre inédite me touchera plus qu’un graff pimpé et tiré à quatre épingles avec des lettres vues et revues. C’est évident. Mais là encore, chacun sa came. 

Très franchement, je pense que l’on pourra toujours sortir des nouveaux styles et des nouvelles lettres. Ne faisons pas les vieux connards aigris. Il y a des styles innovants qui sortent tout les jours, des new comers sortis de nulle part qui nous mettent des claques stylistiques chaque année (j’avoue ils ne sont pas forcément français…). Ce n’est qu’une question d’appréhension. Il y aura toujours quelqu’un pour penser la lettre différemment. 

Izzy : J’ai un ami qui dans la fin des années 90 à fait une formation de peintre en lettre. Il n’a jamais trouvé de boulot dans ce domaine mais aujourd’hui il vit de plans déco fait à la bombe. Je te pense amateur de ses peintures symboles d’un passé économique. Quel regard portes-tu sur ces typos qui s’invitaient sur les murs de nos villes et qui ont aujourd’hui complètement disparu ? Et pour faire le lien avec notre époque, que penses-tu du boulot d’ESPO dans ce domaine ?

Top Gun: C’est un métier que j’aimerais beaucoup connaitre, rencontrer d’anciens peintres, et apprendre leurs techniques, les peintures utilisées, etc. La plupart des publicités peintes datent des années 20 ou 30, et j’me dis qu’à l’époque il n’y avait pas d’échafaudage en acier(tout comme pour la Chapelle Sixtine tu me diras…) et ça m’impressionne! La taille des lettres, la surface peinte, la peinture utilisée(ici sur briques certaines sont comme neuves, alors ça devait être de la bonne came, bien toxique).

ROID j’suis d’accord avec toi, c’est tellement sur-vendu. Mais en même temps, voilà, il a pris un créneau. 

ESPO ce qu’il fait ça tue, ses messages, tout comme BLU, j’suis vraiment en admiration devant leurs trucs, tout comme les OS GEMEOS, c’est vraiment le Next Level pour moi, question « street-art » graffiti.

Là j’ai reçu SKRIVERE, un livre de Danois, laisse tomber, des centaines de pièces, uniquement entre 84 et 87, ça défonce de chez défonce. Les couleurs sont tellement flashys(merci les Ultra-Color), le style tellement pur, c’est vraiment une tuerie.

Top Gun : D’ailleurs penses-tu que les outils influencent l’oeuvre?

Izzy : Si tu parles de graffiti et de bombes de peintures, je dirais que oui et non. Ca dépend de ce que tu fais. Les mecs techniques qui font des persos ou des lettres avec pleins d’effets ou de la 3D t’en parleront mieux que moi. D’autres peuvent peindre avec n’importe quoi, le résultat est toujours là. Sans doute parce que le focus n’est pas fait sur le rendu mais sur l’action et que le style s’y ai adapté. Perso, je peins avec ce que je trouve (même si j’ai mes préférences) et je ne sais toujours pas faire un dégradé propre. Ca me gène pas vraiment. Ca donne une certaine humanité à ton graffiti.

Izzy : J’y connais rien à la scène de Lille et de sa région et j’aimerai en savoir plus. Pour toi, qui sont les mecs en place en ce moment ?

Top Gun : Là c’est très triste…franchement y’a rien. Mais vraiment, nul. J’vais m’fâcher avec pleins de gens (est-ce encore possible? n’ai-je pas atteint mes limites de hainabilité?) mais merde, soit les mecs tagguent pas, soit ils ont un style de toy après 10 ans, soit ils pompent sans aucune vergogne, soit blah-blah-blah, je suis sûr que si tu demandes à n’importe qui de ma génération il te répondra la même chose. On a connu la vraie déchire, là c’est d’l’aspartame.

Top Gun: « Une chanson de 3RD BASS s’appelle « Product of the environnement ». J’adore cette expression et je la sors souvent à ma compagne, « ouais tu sais on est le produit de son environnement ». Qu’est-ce que t’en penses d’un point de vue graffiti et non-graffiti? »

 Izzy : Etre le produit de son environnement. Oui dans une certaine mesure. Ce qui nous entoure nous influence. Je ne vais pas te refaire le couplet du graffeur qui dit s’imprégner de la pub, des logos etc. Au-delà de ça, le style de vie, les fréquentations, le quotidien, le climat, l’environnement, dans le sens du lieu dans lequel on évolue, nous imprègne également. J’ai en tête quelques gars qui vivent à la zeub’ et qui ont le style qui va bien avec. Regarde tout ces styles espagnoles aux courbes arrondies, ça sentirait pas le soleil, les meufs, le sud ? Et ces mecs qui au contact d’autres voient leur style se modifier ou changer du tout au tout. Evidemment, ce n’est pas une généralité. On a tous une sensibilité différente et une influençabilité (j’ai vérifié, ce mot existe) plus ou moins forte.

Après, dans la vie…franchement ta question c’est une punition:-). Je vais pas sortir de copie double et écrire mon nom en haut à gauche. En plus je suis pas sûr que la conclusion soit pertinente.

En parlant de conclusion…On remet ça bientôt ?

 

 

 

 

 

 

 

 

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Rudie Can’t Fail

Dans une vidéo, il y a quelques temps déjà, tu parlais de ta préférence d’utilisation pour le cap d’origine. Même si je m’en souviens vaguement, ton discours m’avait beaucoup plu. Peux-tu nous faire un peu de poésie/philosophie sur ce magnifique outil qui a donné nom à mon blog?

On les appelle caps d’origine parce que c’est ce qu’on trouvait à la base sur les bombes, avant que le marché des caps ne se soit développé par les bombshops. Les fatcaps se chipaient sur les bombes de Décap’four, les softs sur les laques L’Orèal, on testait puis on les entretenait parce que c’était un outil précieux. J’ai appris à peindre avec ces caps d’origine, bruts, il faut acquérir des gestes précis et rapides pour dominer cette force industrielle de la peinture en bombe. A mon avis toute l’esthétique et la dynamique de l’aérosol-art en découlent. Je n’aime pas quand ça ressemble à du vectoriel, les caps d’origine ou le fatcap c’est la bombe dans ce qu’elle a de plus spécifique. Le fait d’avoir appris à peindre avec des gammes de couleurs si limitées comme les bombes Altona, rétrospectivement c’était une bonne école, il fallait se creuser la tête pour faire concorder un seul rouge avec deux bleus, un clair et un foncé, deux jaunes dont un translucide… On apprend en se confrontant à des contraintes, souvent.

Propos de RCF1 pour Cap d’Origine.

Tout est dit dans cet échange. Un contre-pied au graffiti actuel, édulcoré dans la technique et le rendu.

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The perfect style has to be unperfected!

Parution dans le bouquin Graffiti Burners 

 

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1001 Sketchs

Sans phrase, sans sens, ni fin et pourtant un livre est écrit. 1001 lignes en 180 pages. Il suffira de s’y appliquer: lâcher son trait, lui donner carte blanche et se laisser guider. Etre surpris par ses propres lignes. Croire qu’on les maîtrise, alors qu’il n’en est rien. Echouer, observer, étudier, tourner la page et recommencer… sans recommencer justement. Inédit à chaque fois. Pousser les formes et les lettres jusque dans leur dernier retranchement: qu’elles soient les plus originales possible sans en altérer leur lecture. Vider son encre sans retenue. Libre mais avec ses bases, son histoire, New-York. Former un ensemble cohérent mais pas forcement en équilibre.

Un mot se trace, il ne se fera pas deux fois car son trait à cet instant est unique, impossible à reproduire, c’est ce qui en fait sa force et son interêt. Une spontanéité brute, originale et instinctive.

Ce n’est pas de la branlette de sketcheur en mal de poésie. C’est vraiment ça mon dièse.

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Shaw – Adult Entertainment

Je relis ces lignes écrites pas Shaw en 2003 dans le livre Power of Style – Berlin stylewriting et je me dis que ce n’est pas pour rien qu’il est le  capitaine d’équipe.

« While I’m making style-sketches I’m actually not thinking, I just do it…it is like my hand does it on its own, meanwhile i’m not thinking much, the lines and ideas just come, it comes out of my head into my hand directly onto the sheet of paper. » 

« While drawing I’m not thinking at all, if I were thinking too much about what it has to look like, I’d be only erasing around and it wouldn’t be that what it is…it’ woldn’t be the moment, it would only be…the more I’m thinking about it, the more manipulated it would appear to me and I probably don’t want at all. »  

Shaw.

 

N.B: Pour lire l’article en entier cliquer sur les photos.

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Mode deux

«  A chaque fois qu’il y a quelqu’un qui ouvre une nouvelle brèche, qui ouvre les portes et qui fait une nouvelle avancée dans le style. Y’a un paquet de personnes qui passent par là et qui piétine cette personne. » Mode 2.

Le plus drôle dans tout ça est que tout le monde est d’accord et personne ne sent visé.

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Au pied du mur

Devant le mur. Le surface est vierge, pleine d’une couleur et vide de forme. Les meilleurs instants de cette journée sont juste devant moi. Quelques secondes seulement, quelques minutes. Le tracé. Un orchestre à un seul instrument. Une ligne qui sépare, forme, inscrit. Des lettres puis un mot devrait apparaitre. Ces lettres je les connais par coeur. Je les ai dessinées 1000 fois. Et pourtant. Je veux qu’elles soient à chaque fois inédites. Alors je sors ces feuilles. Mon laboratoire. Ces anti-sèches de l’écolier qui me rassurent. Je les regarde. Je les discute avec autrui. Aujourd’hui rien ne me va. Elles ne me parlent pas. Sauf ce « i » que je n’ai jamais fait.

Alors j’y vais. Je me lance. Je trace. C’est bien ce « i » qui se dessine. Il faut continuer, les autres attendent. J’aime l’instant alors je veux qu’il soit bref et intense. Que les lignes s’enchainent sans qu’il y ait à réfléchir. Un espèce d’instinct qui fait que la ligne c’est moi. Que quoi qu’il arrive ça donnera ce que j’attends d’elle. Je pose la feuille. Je n’en ai plus besoin. Je trace un Z, puis un autre Z. Une pause.Un Y.

Je pensais dompter ces lignes. Elles sont beaucoup plus sauvages qu’elles n’y paraissent. Il faudra ajuster, effacer, modifier leurs trajectoires pour qu’elles soient comme je l’entends. Aujourd’hui, ce n’est pas mon jour. Je n’aurais pas rentré mon « blaze » en un jet. Tout n’est pas perdu. Mais demain tout ira mieux.

Toulouse. Octobre 2011. Photo par Supadope.

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